Plaidoyer pour la Sauvegarde de l'Entreprise Algérienne

Études


22 Mars 2020

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RÉSUMÉ EXÉCUTIF :
La crise économique que vit le pays depuis 2014 s’est aggravée durant l’année 2019 au point de mettre les entreprises, en particulier les plus petites d’entre elles, les PME, en sérieuses difficultés de trésorerie. La baisse de la commande publique et le blocage de certains budgets ont entrainé des crises de liquidités en cascade. En l’espace de quelques mois, tous les secteurs de l’économie se sont trouvés affectés par une baisse d’activité au point de voir la presse et les organisations patronales communiquer des chiffres de pertes d’emplois par centaines de milliers.

L’élection d’un nouveau Président de la République et la mise en place d’un nouveau gouvernement affichant clairement sa volonté d’améliorer le climat des affaires laissent la communauté des managers et chefs d’entreprises espérer un changement rapide de paradigme économique. Dans cette optique, CARE et le CJD, accompagnés par une dizaine d’organisations professionnelles et patronales, tirent la sonnette d’alarme sur la situation des PME en difficulté. Dans le même temps, ces organisations proposent la mise en place d’une démarche inclusive de dialogue en vue d’élaborer, avec toutes les parties prenantes, un plan de sauvetage et de développement de la PME algérienne.
Comme mesures d’urgence, la coalition appelle à l’abrogation des dispositions de la LF 2020 les plus défavorables à l’entreprise et aux investisseurs et encourage les autorités à rechercher les ressources supplémentaires de financement auprès de la sphère informelle. En effet, « Trop d’impôt tue l’impôt » ! Une trop grande pression fiscale et sociale sur la sphère formelle de l’économie pousse nos fragiles PME vers la faillite ou vers l’informel.
Les différentes parties prenantes doivent avoir une capacité d’écoute et de compréhension face à la situation que vivent nos PME en difficulté. En effet, la baisse de l’activité, les retards de règlement des clients et des organismes étatiques, l’alourdissement des charges fiscales et sociales sur les entreprises, l’absence de flexibilité et de dialogue de la part des autorités fiscales et sociales
(CNAS & CASNOS), tous cela entrainent pour les entreprises des difficultés de trésorerie telles qu’elles risquent de disparaitre purement et simplement. Aussi, appelons-nous les banques à jouer pleinement leur rôle dans le financement de l’exploitation des entreprises en éliminant les barrières réglementaires qui les en empêchent (eg. Article 23 de la Circulaire de la Banque d’Algérie 74-94 du 29/11/1994). Nous appelons également à la mise en place effective de l’activité de factoring qui représente un levier de financement important pour la PME.
A moyen terme, nous souhaitons faire évoluer le Code de Commerce avec la mise en place d’un régime de sauvegarde des entreprises en difficulté. Nous encourageons également les autorités à revoir les mécanismes de protection proposés par la CNAC, en particulier le dispositif de chômage technique ou partiel. Enfin, dans le but d’encourager le retour à l’emploi et la création d’entreprises, il est nécessaire d’instituer rapidement un statut d’auto-entrepreneur ou de micro-entreprises qui constitue une excellente amorce à l’émergence de futurs PME

Les mesures ci-dessous énumérées résument les propositions plus amplement détaillées dans la suite du « Plaidoyer pour la Sauvegarde des Entreprises ». Certaines sont à mettre en place rapidement et d’autres, nécessitant des changements réglementaires, pourront être mise en place à moyen terme

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