Accord d'association Algérie-UE: Un point de situation

Care dans la presse

PAR : Reporters- F. Nourine
09 Février 2022

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En perspective de la révision de l’accord d’association Algérie-Union européenne : CARE préconise un point de situation détaillé des échanges avec l’UE

 

Un peu plus de trois mois après les instructions présidentielles pour la révision de l’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne, le cercle de réflexion CARE consacre une note à ce dossier à travers laquelle le Think-tank recommande une évaluation «approfondie» de l’accord, suivie de changements à opérer.
Evaluation approfondie signifie une démarche qui répondrait aux appréciations faites de l’accord par Abdelamdjid Tebboune. Ce dernier avait, lors du Conseil des ministres tenu le 31 octobre 2021, appelé à «revoir les dispositions de l’accord d’association avec l’Union européenne, clause par clause, en fonction d’une vision souveraine et d’une approche gagnant-gagnant, en tenant compte de l’intérêt du produit national en vue de créer un tissu industriel et des emplois».
Une année auparavant, le chef de l’Etat avait annoncé que l’Algérie allait «procéder à une révision du calendrier relatif au démantèlement tarifaire en fonction de ses intérêts économiques».
Une approche que l’ambassadeur de l’Union européenne en Algérie ne partage pas, mettant en avant des mesures commerciales restrictives décidées par l’Algérie, relève CARE dans sa note intitulée «Accord d’association Algérie-Union européenne : des blocages persistants à surmonter» et qui insiste sur la nécessité d’établir un état des lieux, notamment pour appuyer les critiques récurrentes adressées à cet accord.
Cette évaluation, explique la même source, doit donner un point de situation détaillée des échanges avec le partenaire européen, accompagné d’une analyse, secteur par secteur, de l’impact positif ou négatif qu’a pu y avoir la gestion de l’accord, y compris l’interprétation donnée à chacune de ses clauses.
Le Think-tank évoque la possibilité d’organiser un débat public au niveau des institutions officielles telles que l’Assemblée populaire nationale (APN) dans ce cadre.
Par ailleurs, CARE cite l’un des arguments invoqués à l’encontre de l’accord d’association, qui a trait au lien entre les échanges commerciaux avec l’UE et la détérioration des équilibres de la balance commerciale, et par là-même de la balance des paiements de l’Algérie.
«A ce stade, ce qu’il convient de retenir, c’est qu’aucun accord commercial préférentiel incluant l’échange d’avantages douaniers en matière d’accès au marché ne pourra être viable tant que les exportations algériennes resteront dominées par la mono-exportation d’hydrocarbures, des produits dont on sait dès le départ qu’ils ne sont pas éligibles à ces mêmes avantages douaniers», souligne le cercle de réflexion.
Signé en 2002, l’accord est 2005, et après 17 années d’application, cadres supérieurs, experts, opérateurs économiques et société civile s’accordent à dire que cette opération n’a pas réellement profité à l’Algérie, sur le plan économique et commercial notamment.
Une évaluation de l’impact de l`Accord sur le commerce extérieur du pays sur 10 ans (2005-2015) conforte d’ailleurs ce constat.
Pour preuve, le cumul des exportations algériennes hors hydrocarbures (HH) vers l’UE, premier partenaire du pays, n’a même pas atteint les 14 milliards de dollars (mds USD) durant cette décennie, alors que le cumul des importations algériennes auprès de l’UE s’est chiffré à 220 mds USD, avec une moyenne annuelle de 22 mds USD.
En plus, l’accord a engendré un manque à gagner de plus de 700 milliards de dinars aux recettes douanières algériennes durant la même période.
Sur 15 ans (2003-2018), les exportations algériennes hors hydrocarbures vers l’UE sont passées de 344 millions USD en 2003 (deux ans avant l’application de l’accord) à 889 millions USD à peine en 2018.
Pourtant, l’Algérie visait, à travers l’accord, de promouvoir ses exportations hors hydrocarbures vers l’Europe et de voir les investissements européens en Algérie croître.
Dans son article 1, l’accord prévoit de «développer les échanges, assurer l’essor de relations économiques et sociales équilibrées entre les parties, et fixer les conditions de la libéralisation progressive des échanges de biens, de services et de capitaux».

Feriel Nourine

https://www.reporters.dz/en-perspective-de-la-revision-de-laccord-dassociation-algerie-union-europeenne-care-preconise-un-point-de-situation-detaille-des-echanges-avec-lue/