Accord d'association Algérie-UE: Il n'est pas la cause du déficit budgétaire

Care dans la presse

PAR : Le Jeune Indépendant- S. Ould Brahim
09 Février 2022

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CARE: L’accord d’association avec l’UE n’est pas la cause du déficit budgétaire

 

L’accord d’association qui l’Algérie à l’Union européenne depuis 2005 est sujet à controverse notamment de la part d’hommes politiques  algériens qui estiment que cette association fait de l’Algérie un déversoir des produits finis européens sans échange de savoir faire, ni de technologie encore moins de la matière première  tandis que des experts assurent que l’accord n’est pas la cause du déficit budgétaire du pays.

Signé en 2002, mais entré en vigueur en 2005, l’accord d’association Algérie-UE prévoit l’établissement d’une zone de libre échange en 2017 qui a été décalée à septembre 2020. Cette zone n’a pas encore vu le jour.

L’Algérie a demandé la révision de cet accord pour préserver sa production nationale mais sans renoncer à ce cadre d’association.
En octobre dernier, le président Abdelmadjid Tebboune avaait demandé au gouvernement de passer au crible les dispositions de l’accord , clause par clause, en fonction d’une approche gagnant-gagnant, en tenant compte de l’intérêt du produit national en vue de créer un tissu industriel et des emplois.

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Chargée de réfléchir sur cette option, le cercle de réflexion “CARE”, a estimé nécessaire d’établir un état des lieux, notamment pour appuyer “les critiques récurrentes adressées a cet accord”, dans une note intitulée “Accord d’association Algérie-Union européenne : des blocages persistants à surmonter”, rendue publique mardi 8 février 2020.

Cette évaluation, explique la même source, doit donner un point de situation détaillé des échanges avec le partenaire européen, accompagné d’une analyse, secteur par secteur, de l’impact positif ou négatif qu’à pu y avoir la gestion de l’accord, y compris l’interprétation donnée à chacune de ses clauses.

Le Think tank évoque la possibilité d’organiser un débat public au niveau des institutions officielles telles que l’Assemblée populaire nationale (APN) dans ce cadre.

Entre temps, plusieurs mesures prises par le gouvernement algérien ont contrarié les partenariats européens, notamment les droits de douane additionnels.

Les mesures de protection douanière ou non douanière mises en place par l’Algérie depuis 2016 pour limiter les importations, telles que le système de licences, la liste des produits interdits à l’importation et le Droit additionnel provisoire de sauvegarde (DAPS) ont fortement contrarié les Européens.

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Pour l’Union européenne, ce dispositif du DAPS est contraire au texte de l’accord d’association. Toutefois, le gouvernement algérien estime qu’il y a besoin de renforcer la protection du tissu productif national. Ainsi, les autorités ont estimé nécessaire d’appliquer depuis 2018 des droits de douane renforcés sur une liste de 922 positions tarifaires.

À cet égard, CARE a indiqué que « cette forme d’évaluation approfondie, publiquement affichée, est la condition première incontournable pour préparer le terrain à une évolution potentielle de l’accord ».

À la question de savoir si l’accord d’association est à l’origine de la détérioration de l’équilibre de la balance commerciale, le think tank a indiqué qu’ « il s’agit là d’une idée fausse, que le simple examen des chiffres permet de démonter ».

Le cercle de réflexion a indiqué que « sur les 14 années considérées, la balance commerciale entre l’Algérie et l’Union européenne n’aura été déficitaire que durant trois années, lesquelles correspondent à celles où les prix du pétrole, notre principale exportation, ont connu une très forte baisse sur les marchés internationaux ».

Le think tank a précisé qu’ « à l’inverse, pour une autre puissance économique comme la Chine, avec laquelle l’Algérie n’est liée par aucun accord commercial préférentiel, il est enregistré un déficit commercial systématique entre 2006 et 2020. Pour certaines années (en 2018 et 2019), ce déficit commercial avec la Chine est supérieur au déficit commercial global avec le monde entier ».

Selon CARE, « pour la même période considérée, le déficit commercial total s’élève dans le cas de la Chine à 65,6 Mds de $US. Le solde global de la relation commerciale avec le partenaire européen enregistre dans le même temps un excédent global de 83,6 Mds de $US ».

Ces données chiffrées et objectives montrent parfaitement que « le déficit extérieur du pays n’est en aucune façon imputable au démantèlement tarifaire appliqué aux échanges commerciaux avec l’Union européenne », selon CARE.

Étant au cœur même de l’accord, le démantèlement tarifaire ne peut pas être remis en cause et le CARE y voit un « argument plutôt infantilisant » qui décrédibilise et affaiblit la position de l’Algérie.

Le think tank algérien souligne aussi que le besoin de protéger la production locale se heurterait aux dispositions d’un accord international dûment signé et ratifié. « Là est sans doute le cœur du différend entre l’Algérie et l’Union européenne »,écrit-il.

S. Ould Brahim

 

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