Dinar surévalué: un entêtement couteux

Care في الصحافة

PAR : El Watan- Zhor Hadjam
22 Octobre 2020

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«La surévaluation du dinar nous mène à l’impasse»

Le Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (CARE) poursuit sa contribution à l’enrichissement du débat économique en rendant publiques deux nouvelles contributions, insistant sur les difficultés de relance et de diversification économique dans un contexte de surévaluation du dinar.

Selon CARE, «aujourd’hui, et en dehors de l’hypothèse hautement improbable d’un rebond puissant et spectaculaire des prix du pétrole sur le marché international, il semble bien que le déficit de la balance des paiements, et avec lui l’érosion des réserves de change et le déficit du budget vont se poursuivre au cours des prochaines années.» Il estime ainsi que «la dévaluation sensible de la monnaie nationale sera inévitable, à terme plus ou moins rapproché».

Pour CARE, «au rythme actuel d’érosion des réserves de change, celles-ci seraient totalement asséchées au bout des trois années à venir, rendant alors obligatoire et incontournable un ajustement drastique des comptes publics aux conséquences sans doute plus sévères que celui opéré au cours des années 1990, sous contrainte extérieure».

Le Cercle de réflexion estime que dans ce contexte, «l’entêtement à garder le dinar surévalué, maintenant un pouvoir d’achat artificiel et subventionnant de fait les importations, nous mène à l’impasse et à des réajustements plus douloureux lorsque nous serons contraints de les faire.»

Ainsi, selon CARE, «les approches de gestion administrative du commerce extérieur n’ont pas eu d’effet notable sur nos déficits commerciaux. Ils ont juste détérioré notre environnement des affaires, créé de forts incitatifs à la corruption et surtout réduit la concurrence sur le marché.»

Le Club d’économistes estime qu’«en arrêtant de maintenir le dinar surévalué, nous n’aurions plus besoin de nous accrocher à nos taxes douanières ni, comme nous le faisons ces dernières années, d’en inventer en permanence de nouvelles (droits additionnels de protection et sauvegarde, contribution de solidarité, taxes de domiciliation et autres)».

Pour CARE, les démarches fiscales récentes reflètent cet entêtement et l’approche de rechercher les effets de la dépréciation sans oser laisser notre monnaie se déprécier.

Il cite à titre d’exemple la taxe de 2% sur les importations, intitulée «Contribution de Solidarité», introduite récemment, estimant que «déprécier le dinar aurait eu le même effet et aurait été plus simple et moins coûteux à gérer tant pour les administrations que pour les entreprises».

CARE indique en outre que «cesser la surévaluation du dinar aura un impact à court terme sur le pouvoir d’achat (…) mais ceci est inéluctable», notant que le fait de «retarder l’ajustement ne fera que rendre le choc plus brutal».

D’autre part, ajoute CARE, «les tentatives de réduire les importations avec des mesures administratives et quotas/licences ou équivalents arrivent au même effet : elles renchérissent les produits pour le consommateur final. Sauf qu’elles le font de manière discriminatoire et non transparente. Elles diminuent la concurrence et elles créent des rentes de situation».

Pour le Cercle de réflexion «l’approche la plus raisonnable, c’est de concentrer nos efforts non pas à chercher des recettes qui n’existent pas pour éviter une dépréciation inéluctable, mais consacrer notre énergie à travailler à diminuer l’impact de l’inéluctable dépréciation sur les plus démunis d’entre nous, par des transferts monétaires et lever les autres entraves administratives à la compétitivité des entreprises algériennes dont notamment la surévaluation du dinar est la première entrave»