Des cadres du Groupe Saïdal ont adressé, hier, une lettre au Premier ministre, Abdelmalek Sellal pour dire leur "stupeur" et leur "étonnement" à la suite du limogeage brutal du

PDG de l'entreprise, Boumedienne Derkaoui. Ils considèrent que la mesure arrange des "cercles ayant déjà la mainmise" sur le marché du médicament.

Ils expriment leur "soutien total et inconditionnel" au Pdg limogé sur décision du ministre de l'industrie, Abdesslam Bouchouareb et appellent Abdelmalek Sellal à "intervenir, énergiquement, pour le maintenir (M. Derkaoui) à son poste".

Ces cadres louent les qualités de manager du Pdg qui n'a "ménagé aucun effort pour hisser l'entreprise au rang d'opérateur économique incontournable sur le marché national du médicament."

"Irréprochable"

Ils rendent hommage à son intégrité morale également en soulignant qu'il était "irréprochable" sur ce registre et qu'il a "exercé à diverses hautes fonctions dans la gestion des entreprises publiques en obtenant des résultats éloquents".

Depuis qu'il a la tête du groupe Saidal, depuis 2010, soulignent les auteurs de la lettre, "plusieurs chantiers ont été ouverts, notamment, la mise en œuvre du plan de développement qui connaît un avancement appréciable et l'instauration de la nouvelle organisation du Groupe." Ces cadres soupçonnent que ce limogeage de Boumdienne Derkaoui profite à des "lobbies étrangers".

"Nous cadres de l'entreprise pensons que cette décision ne peut arranger que certains cercles ayant déjà main mise sur le marché des médicaments, cercles liés à des partenaires étrangers (laboratoires pharmaceutiques internationaux) pour accaparer le marché de certains produits stratégiques". Pour eux, cette décision va de fait affecter le groupe et "freiner" "l'élan pris" et "risque de perturber l'entreprise".

Le journal El Watan a indiqué que la décision de limoger Derkaoui est intervenue alors qu'il se trouvait à Constantine en visite à l'usine de fabrication d'insuline réalisé avec le danois Novo Nordisk.

Interférences

Il soulignait surtout les divergences du patron du Saidal avec le ministre de l'industrie Abdesselam Bouchouareb. Le DG du groupe Saidal a refusé d'inscrire "dans le plan de charge de l’usine de Constantine la production d’une insuline d’un autre laboratoire européen" en faisant valoir que le partenariat avec le groupe danois Novo Nordisk le dispensait de le faire.

Boumedienne Derkaoui apparait, selon ces informations et l'appel des cadres du groupe, comme un manager qui a refusé une ingérence du ministre dans la gestion de l'entreprise. On a les contours d'une affaire qui rappelle, une fois de plus, les très vieux débats des années 80 sur l'autonomie des entreprises.

Le groupe Saidal, a publié un communiqué annonçant l'installation jeudi de Mohamed Hammouche dans le poste de nouveau PDG par le directeur général du Secteur public marchand au ministère de l'Industrie et des mines Ali Oumellal.

M. Oumellal a souligné que le nouveau Pdg, qui était jusque-là directeur des opérations, était un "cadre issu de l'entreprise qui connaît parfaitement son fonctionnement afin d'assurer la continuité de l'activité". Le nouveau PDG a déclaré que Saidal devait "poursuivre son évolution et son plan de développement avec les partenaires stratégiques qui nous font confiance pour atteindre les objectifs tracés".

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