CARE est un espace de rencontres de type « think-tank »

Slim Othmani: Président du Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (CARE) « On ne peut diversifier dans un cadre aussi restrictif, instable »

novembre 26, 2018

in Oil & Gas Business, 24/11/2018. http://magazineogb.com/index.php/le-magazine/a/467-slim-othmani-president-du-cercle-d-action-et-de-eflexion-autour-de-l-entreprise-care-on-ne-peut-diversifier-dans-un-cadre-aussi-restrictif-instable Dans cet entretien, le président du cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (CARE) et patron de NCA-Rouïba revient sur l’évolution du climat des affaires en Algérie. il estime que même si l’accès au financement est facilité pour certains opérateurs, il reste ce complexe pour les nouveaux arrivants : les PME et les TPE en particulier. OGB : Du côté du gouvernement, les engagements portant sur l’amélioration du climat des affaires s’enchaînent ces derniers temps à la faveur de la volonté de diversifier l’économie. Qu’en est-il à votre avis ? Slim Othmani : Vous dites que les engagements s’enchaînent cela me surprend car cela suppose une réelle dynamique de réforme ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Pour ma part les seuls éléments concrets que nous observons sont le fait du ministère de l’Intérieur ainsi que celui de la Justice, en termes de modernisation et de digitalisation. Il va sans dire que dans ces deux cas l’intérêt est partagé entre le citoyen et les institutions. En effet, ce confort et ces facilités offerts au citoyen se font au prix de la vie privée puisque rien ne vient encadrer toutes ces bases de données qui sont constituées, avec tout ce que cela suppose comme dépassement et comme arbitraire. Malheureusement tout à un prix. Et toutes  ces années de parcours du combattant dans cette jungle bureaucratique ont mis à mal la résistance des citoyens. Je ne vois pas d’avancées dans la cohérence fiscale ni même dans le traitement apporté pour rendre notre économie effectivement inclusive. L’informel continue à régner et gangrener toutes nos chaînes de valeur. Et pour finir les activités de service, continuent à être perçues comme marginales voire parasitaires. Pour s’en convaincre il suffit de mesurer la fiscalisation de ce pan de l’économie qui est à des niveaux au-delà du confiscatoire. En un mot, on pousse les acteurs à tricher. Internet, le principal outil d’une économie moderne, au lieu d’être perçu comme une opportunité est davantage perçu comme une menace pour le pays avec tout ce que cela suppose comme restrictions, décisions de coupure arbitraire et surtout hyper centralisation. Malgré cela nous sommes tous les jours rappelés à la réalité par une multitude de jeunes qui nous démontrent que tout est surmontable mais quasi- ment toujours en contournant la loi. Il est tout de même important de rappeler que le niveau de taxation des produits informatiques est choquant à plus d’un titre. Ce n’est absolument pas la bonne façon de protéger la production nationale bien au contraire on la pousse au déclin. On ne peut diversifier dans un cadre aussi restrictif, instable et qui place la paranoïa au-dessus des intérêts de la nation. Le discours politique fait de la diversification son leitmotiv cependant il lui manque indiscutablement la volonté et les actions sur le terrain. De même le dialogue et la concertation sont systématiquement rappelés comme valeurs cardinales mais force est de constater que nous en sommes bien loin tant l’autisme a pris le dessus. L’exportation fait visiblement l’objet d’une attention soutenue pour des raisons qui relèvent davantage de la géo- politique. Cependant, […]

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NI PYRAMIDE DE KHÉOPS, NI MURAILLE DE CHINE

septembre 2, 2018

Contribution in MAGHREB ÉMERGENT, 2 septembre 2018. Les circonstances ne sont jamais favorables pour agir, c’est notre décision et notre détermination ainsi que la mise en œuvre d’une nouvelle forme de gouvernance à laquelle toute l’Algérie aspire, qui rendront les circonstances idéales. Plus que jamais la nécessité d’un projet mobilisateur pour l’Algérie s’impose. Il ne s’agit ni de la construction de la pyramide de Khéops, ni de bâtir la grande muraille de Chine, c’est certainement bien plus complexe encore puisqu’il s’agit de restaurer la confiance entre le citoyen et le monde politique qui le gouverne. Ou plus précisément le pouvoir en place. Outre la faible compétitivité de notre économie, la société Algérienne dans son ensemble, ploie sous le poids grandissant du fondamentalisme et de la bigoterie, générateurs d’archaïsmes et véritables freins au développement socioéconomique. L’émancipation des femmes et l’emploi féminin en sont l’une des illustrations. Raison de plus pour mobiliser la société tout entière et la jeunesse en particulier autour d’un projet qui fasse rêver, porteur d’espoir pour cette jeunesse en mal de perspectives et qui ne conçoit son avenir qu’au-delà des mers ; si elle n’a pas sombré dans les bras de l’informel, du terrorisme ou du grand banditisme. Cette confiance retrouvée devra être l’élément central, la clé de voute, d’une économie attractive aux fondamentaux plus équilibrés loin de la malédiction des hydrocarbures dont nous sommes frappés, loin du populisme et de la démagogie ravageurs, loin d’un patriotisme économique irréfléchi et étriqué qui a fait de la loi 49/51 un dogme de souveraineté. Confiance et économie attractive vont de pair. En effet malgré la faible diversification de notre économie qui laissait entrevoir de réelles opportunités d’investissements, force est de constater que la non consécration du droit de propriété, l’insécurité juridique (la vie moyenne d’un texte de loi dans la sphère économique n’excède pas 18 mois ce qui est bien inférieur aux délais de réalisations d’un projet), le népotisme et l’arbitraire (le cas CEVITAL en est la parfaite illustration et ce n’est pas un cas isolé), ont largement contribués à ébranler la confiance des investisseurs matérialisée aussi par un réel désintéressement de la destination Algérie. Dans un de ses ouvrages Raymond Barre soulignait que la principale source d’attractivité est le « Traitement réservé à l’investisseur local ». Dans le cas de figure de l’Algérie, le pays traite mal ses investisseurs locaux. C’est un fait. D’ailleurs le qualificatif « secteur privé » demeure péjoratif et la discrimination avec le « secteur public » est systématique. Alors que c’est le secteur privé qui depuis plusieurs années porte la valeur ajoutée de l’économie Algérienne. Quant aux IDE (Investissements Directs Étrangers), la Loi de Finance complémentaire 2009 avait amorcé un virage à 180° à leur égard et le nouveau code des investissements a fini de sceller leur sort en réduisant à sa plus simple expression la notion d’attractivité. En un mot ils ne sont pas en odeur de sainteté. Plus concrètement la convertibilité du Dinar pourrait être ce grand projet mobilisateur catalyseur de confiance au sein de la société. Certes, d’un point de vue purement technique un tel choix serait discutable. En effet les […]

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COMMENT RETROUVER UN PAYS « NORMAL » … L’interview de Slim Othmani à la revue ParisAlger

janvier 14, 2018

Slim Othmani, 60 ans, né à Tunis, est ingénieur informaticien de formation. Après avoir travaillé comme entrepreneur au Canada, il rentre en Algérie en 1991 et prend en 1999 les rênes de l’entreprise de boissons aux fruits NCA-Rouiba fondée par son grand-père et son père. Il en est aujourd’hui le président du conseil d’administration. En 2000, il crée le Cercle d’Action et de Réflexion autour de l’Entreprise (CARE). Il a été également fondateur de l’Association de Producteurs Algériens de Boissons (APAB). Dans cet entretien à ParisAlger, il invite les jeunes à animer la société civile pour favoriser le retour à la confiance. 

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