Interventions des membres de care dans la presse nationale

Capture banner LMC EU CAREAvec le soutien de Délégation de l’Union Européenne en Algérie, Le Cercle d'Action et de Réflexion autour de l'Entreprise - CARE -  organise Dimanche 11 Mai 2014 à l’Hôtel Sofitel - Alger - Salle Atlas  - 8h30-11h30
 "La question du dialogue public- privé dans l'Algérie d'aujourd'hui"
 
La relance de l'économie algérienne  dans une perspective de diversification hors hydrocarbures et de compétitivité internationale, passe, entre autres, par un dialogue public - privé authentique, global et permanent. Une telle condition est-elle réunie à travers la convocation régulière de réunions tripartites ?
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Lors de cette matinale, Mohamed BOUCHAKOUR Economiste, Docteur d'Etat en sciences de gestion ouvre le débat sur cette question, ceci  en vue de mieux en cerner les tenants et les aboutissants, et contribuer à la mettre à l'ordre du jour ... du dialogue public - privé. Le débat sera modéré par Abderrahmane HADJ NACER - Expert, ancien gouverneur de la Banque Centrale.

 

Le dialogue public privé et plus largement le dialogue social sont des questions qui se posent de manière récurrente depuis le recouvrement de l’indépendance politique du pays. Avec l’avènement des réformes structurelles entamées en 1987-1988, elles ont acquis une acuité particulière.

Aujourd’hui, plusieurs indicateurs tendent à confirmer qu’elles sont arrivées à maturité et qu’il est urgent de les aborder comme une question stratégique essentielle et prioritaire. Cet impératif exige de les prendre très sérieusement en charge, et ce dans le cadre d’un débat qui se doit d’être le plus large, le plus serein, mais aussi le plus rigoureux possible.

Dans cet esprit, CARE s’est proposé de lancer ce débat en lui consacrant une Matinale.

DSCN6769 De gauche à droite, Frans Bijvoet, Ambassadeur du Royaume des Pays-Bas à Alger, Ali Kalhane, Membre de CARE, Marek Skolil, Chef de la Délégation de l'Union Européenne, Emmanuel Noubissie Ngankam, Représentant résident de la Banque Mondiale.

Pour mener cette initiative, CARE a opter pour la formule qui consiste à donner la parole non pas à un intervenant issu du  monde de l’entreprise, mais à un universitaire, ceci afin de bénéficier d’une approche d’ouverture sur le sujet qui soit autant que possible détachée des prismes qui pourraient entacher les visions du patronat.

CARE souhaite ici assurer un angle d’attaque de la question qui soit le moins possible exposé au reproche de parti pris. Par ailleurs, le choix d’un modérateur qui jouit de la réputation bien mérité d’être un fin observateur et un analyste avisé de la scène économique national va dans le sens d’une volonté d’ancrer le débat dès le départ dans les réalités concrètes nationales.

Le lancement du débat sur le dialogue public privé resitue ce dernier dans le cadre plus large du dialogue social. Il n’est pas dit que celui-ci doive être une condition préalable à celui-là. Le premier peut au contraire jouer un rôle d’entrainement pour le second. Mais il faut admettre que le dialogue public privé ne peut avoir de sens et de durabilité que dans le cadre plus large du dialogue social.

Partant de là, le dialogue social et son segment public – privé ne sont pas une finalité en soi. Ils s’articulent à la grande question du vivre ensemble qui, elle, renvoie au contrat social.

Or, le contrat social qui prévaut en Algérie depuis 1962 est un contrat de type post colonial qui a pour objet la (re)distribution des bienfaits de l’indépendance et de la récupération des ressources nationales qui s’en est suivi. Comme dans la plupart des pays, ex colonisés, il repose sur l’usage de la rente issues de la spécialisation dans les exportations intensive de matières premières ; chez nous, les hydrocarbures.

En Algérie, après avoir servi à financer l’amorce d’une industrialisation du pays, cette rente est promise aujourd’hui à un déclin  etDSCN6820 à être utilisée dans des usages contestables, voire condamnables. Le dialogue social qui accompagne, reproduit et reflète ce genre de contrat social est un pseudo dialogue, par opposition à ce qu’il appelle un dialogue global, authentique et permanent.

Quelles sont les perspectives ? La persistance dans le pseudo dialogue autour du partage de la rente mènera à terme à une situation où toutes choses étant égales par ailleurs, l’Algérie plongera  inéluctablement dans le groupe des PMA (pays les moins avancés), ceci compte tenu de la structure et de la dynamique de ses grands agrégats socio économiques et macro financiers. Seul un dialogue social global, authentique et permanent peut extirper le pays de cette descente aux enfers et permettre la construction d’un nouveau contrat social.

Mais lequel ? Des pistes existent si l’on se tourne vers les expériences des pays en développement qui, au cours de ces dernières décennies ont pu assurer un certain « décollage économique » sur des bases non tributaires de rentes. Trois générations de pays dits émergents ont réussi ce pari depuis la fin des années 1970. Toutes les trois ont initié des dialogues sociaux fédérateurs, Le paradigme de base n’est plus comment, par la (re)distribution de la rente, assurer les allégeances politiques et la paix sociale, mais comment faire converger des politiques publiques et réformes structurelles avec des dynamiques socio économiques et institutionnelles, dont la finalité est de créer de la valeur, la répartir équitablement et assurer l’émergence du pays.

Pour peu que la volonté d’adopter ce paradigme existe, le reste est relativement simple. Il suffit d’adopter les règles de l’art du dialogue public privé et celles-ci sont largement connues.

Mohamed Bouchakour est économiste de formation, docteur d'Etat en sciences de gestion. Après un début de carrière de quelques années dans le secteur de l'énergie, il a rejoint au début des années 1980, l'Ecole polytechnique d'Architecture et d'Urbanisme d'Alger où il a assuré, jusqu'en 1998, les modules d'économie générale et  d'économie de la construction. En 1999, il passe à l'Institut National du Commerce, devenu depuis Ecole des Hautes Etudes Commerciales d'Alger.

Il s'y consacre principalement à développer l'enseignement et la recherche dans le domaine de la négociation, en l'occurrence les négociations commerciales et d'affaires, et les négociations à l'international.

Communique de presse

La question du Dialogue Public privé - Partie 1

La question du Dialogue Public privé - Partie 2

Revue de presse LMC 11 05 2014