Aquaculture: près de 300 projets d'investissement validés

ALGER – Près de 300 projets d’investissement dans le domaine de l’aquaculture marine et continentale, ont été validés durant les deux dernières années, a indiqué jeudi à Alger le directeur général de la Pêche et de l’Aquaculture au ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Taha Hamouche.

« Parmi les 491 dossiers déposés, 300 ont reçu les avis favorables et ont été validés par le Centre national de la recherche et de développement de la pêche et l’aquaculture (CNRDPA) », a déclaré M. Hamouche lors d’un atelier technique sur le développement de la conchyliculture en Algérie.

Les investisseurs qui mènent ces projets ont déjà identifié les sites, réalisé les études nécessaires et sont prêt à commander le matériel, explique-t-il.

Ces investissements font partie de 491 projets soumis aux autorités pour validation, d’un montant global avoisinant les 200 milliards de dinars.


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Selon le même responsable, 70 projets dans le domaine de l’aquaculture sont en cours d’exploitation, tandis que 70 autres seront lancés prochainement.

Durant le premier semestre 2019, 22 projets en aquaculture seront montés, d’après les prévisions de la direction générale de la Pêche.

« Ce qui était réalisé en dix ans, nous réussissons aujourd’hui à le réaliser en six mois, puisque le bilan d’aquaculture à la fin de 2016 fait état de 25 projets réalisés », a avancé M. Hamouche.

Cela dénote, poursuit-il, de « l’intérêt croissant » porté à l’investissement dans ce créneau, vu les opportunités prometteuses qui existent : la largeur de la mer, l’importance du marché, les prix rémunérateurs pour les investisseurs et la maîtrise sanitaire de la production.

Il s’agit, selon lui, d’un « dynamisme sans précédent » dans le domaine de l’aquaculture « qui nous laisse optimistes par rapport à nos objectifs visant une augmentation significative de la production de poisson ».

La plan « Aquapêche », lancé par le ministère de l’Agriculture, qui a pour objectif d’améliorer l’approvisionnement du marché national en produits aquacole diversifiés de meilleure qualité et plus accessibles aux consommateurs, vise à doubler à moyen terme la production de poisson qui a atteint 120.000 tonnes en 2018.


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Dans le cadre de ce plan, la conchylicole (l’élevage des coquillages: huîtres, moules, palourdes…) est définie comme l’une des filières prioritaires.

Dans ce sens, le plan « Aquapêche » ambitionne à augmenter la production dans cette filière à 3.400 tonnes à moyen terme.

D’après le bilan présenté lors de cet atelier, sur les 53 dossiers d’investissement en conchyliculture déposés, 33 concessions ont été octroyées dont 20 sont en phase d’exploitation et 6 en cours de démarrage.

La sous-directrice chargée du développement de l’aquaculture à la direction générale de la Pêche, Samia Mohamed Bokretaoui, a considéré que la conchylicole était « une activité productive présentant des potentialités avérées, sans aucun impact négatif sur l’environnement (les moules se nourrissent du milieu naturel) avec un coût d’investissement moyen ».

« La conchyliculture est en voie de devenir une composante à part entière du paysage du littoral, elle évolue à un rythme soutenu », a-t-elle noté.

Toutefois, l’administration doit prendre en considération tous les facteurs qui contribuent au développement durable de cette filière, notamment en matière de vérification de l’état de salubrité des zones conchylicoles et leur classification ainsi que l’accompagnement des opérateurs  pour le choix des sites et des techniques d’élevage adaptées au milieu, souligne Mohamed Bokretaoui.


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A ce titre, une mission d’appui technique au développement de la conchyliculture a été réalisée durant la période allant d’août 2017 à décembre 2018.

Cette mission qui vise à renforcer les capacités algériennes en matière d’accompagnement des opérateurs privés dans les filières conchylicoles, s’inscrit dans le cadre du Programme d’appui à la diversification de l’économie DIVECO 2, financé par l’Union européenne.

Outre les activités de formation, la mission a permis la mise en place d’un dispositif de suivi bio sanitaire des zones conchylicoles.

Il s’agit de faire le suivi de la qualité de l’eau de mer et de la chaire de moule à travers des analyses microbiologiques, l’analyse des métaux lourds (plomb, mercure, biotoxines…), ainsi que des analyses de l’eau de mer (dosage de chlorophylle, étude du phytoplancton).

Les participants à cet atelier ont recommandé de mettre en place un groupe de travail qui sera chargé de réviser et d’adapter les textes réglementaires liés à la salubrité des zones de la pêche et de l’aquaculture.

Le développement de la filière conchylicole impose également de définir l’entité chargée de diriger et d’exécuter l’étude de salubrité des zones conchylicoles, ont-ils encore noté.