Electricité à partir d'énergies renouvelables : nécessité de développer le réseau et d'assouplir sa gestion

ALGER – La nécessité du développement du réseau électrique et la flexibilité de sa gestion pour une meilleure intégration des énergies renouvelables, a été soulignée, lundi à Alger par un chercheur au Centre de développement des énergies renouvelables (CDER).

« Il y’a nécessité d’un développement substantiel du réseau électrique national, dont certaines insuffisances liées aux infrastructures existantes et la flexibilité de sa gestion sont déjà considérés comme un obstacle décisif à l’intégration de la production d’électricité renouvelable », a indiqué par Messaoud Khelif lors d’une conférence sur le thème « intégration des énergies renouvelables au réseau électrique national », qu’il a animée en marge de la 2ème édition du Salon de l’électricité et des énergies renouvelables (SEER) qui se déroule du 10 au 13 février en cours à Alger.

S’agissant des infrastructures, M. Khelif a expliqué que « le manque de moyens économiquement viables à grande échelle, le réseau électrique demeure le réceptacle le plus approprié aux productions massives d’énergie électrique à base de ressources renouvelable ».

De ce fait, « la nécessité de son développement et son extension demeurent indispensables pour pouvoir supporter toutes les quantités de l’électricité, difficilement stockable, en provenance des énergies renouvelables ».

En outre, il a estimé que la centralisation de la gestion de l’électricité, de la production jusqu’à la distribution, consacrée exclusivement à la Société de distribution de l’électricité et du gaz (Sonelgaz), est « une entrave majeur au développement et l’intégration d’électricité renouvelable au réseau national ».

Le chercheur a, dans ce sens, appelé à libérer les initiatives au profit des particuliers et instaurer plus de flexibilité dans la production et la gestion de l’électricité sur le territoire national.


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Affirmant que la loi algérienne ne permet pas encore aux particuliers de produire de l’électricité de basse tension, même pour la consommation personnelle, M. Khelif considère que l’Algérie « s’est focalisée sur des projets nationaux majeurs, en négligeant la contribution des petits clients résidentiels qui peuvent constituer une véritable alternative de production de l’électricité de leur propre initiative ».

Dans ce sens, il a cité l’exemple de l’Allemagne, pays référence en matière des énergies renouvelables, où la production résidentielle des particuliers en électricité à partir des sources renouvelables (panneaux photovoltaïques ou éoliennes), avait atteint 14 GW en 2007, soit l’équivalent de l’ensemble de la consommation algérienne en période de pic durant l’été.

A cet effet, il a déploré l’absence des règles et textes de loi régissant la production et l’injection de l’électricité dans le réseau de basse tension, ainsi que les « entraves bureautique », telle l’autorisation de raccordement au réseau qui concerne les clients de la moyenne tension.

Il a ajouté, par ailleurs, que chaque pays à ses particularités climatiques et techniques, appelant à l’implication des chercheurs, ingénieurs et techniciens algériens dans l’élaboration et le perfectionnement de la stratégie nationale des énergies renouvelables.

M. Khelif a également noté l’existence de « failles » dans les cahiers de charge élaborés dans le cadre des différents appels d’offres émis pour la production de l’électricité à partir des énergies renouvelables d’où « la nécessité de réviser certaines de leurs clauses afin de mieux les adapter à la réalité du terrain ».


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Pour rappel, le SEER est un espace pour présenter les dernières innovations dans les domaines de l’électricité et des énergies renouvelables. Cette 2ème édition du SEER a pour but également de présenter des solutions innovantes dans la production de l’énergie, de la transmission, de la distribution et du stockage et de l’éclairage, afin d’apporter des solutions pratiques et durables aux différents problèmes à l’instar du gaspillage de l’énergie.

Ce salon ambitionne, notamment, d’être un espace répondant aux besoins énergétiques du pays et d’échanger des solutions innovantes et d’avenir surtout dans les domaines de l’économie de l’électricité et de la lutte contre la contrefaçon, ainsi que dans le domaine des énergies renouvelables (solaire et éolienne).

Cette année, le SEER accueille sept (7) pays participants (Allemagne, France, Espagne, Chine, Tunisie, Turquie et Arabie Saoudite) afin qu’ils partagent avec les professionnels algériens leurs solutions novatrices contre le gaspillage de l’énergie et la contrefaçon des équipements pouvant provoquer des accidents domestiques et industriels graves.