Installation du Conseil national interprofessionnel de la filière agrumicole

CHLEF- Le ministre de l’agriculture, du développement rural et de la pêche, Abdelkader Bouazghi, a procédé lundi à Chlef à l’installation du Conseil national interprofessionnel de la filière agrumicole visant à consacrer la coopération, la concertation et l’action commune en vue de réaliser un saut quantitatif et qualitatif dans cette ressource agricole.

L’installation du conseil s’est déroulée en marge de la 3e édition des « Journées méditerranéennes sur l’agrumiculture », organisées par l’Université de Chlef et la chambre de l’Agriculture de la wilaya en présence de M. Bouazghi et des différentes autorités administratives et sécuritaire de la wilaya outre les investisseurs, les agriculteurs de cette filière et plusieurs experts nationaux et méditerranéens en la matière.

A ce propos, le ministre a déclaré que « la filière agrumicole concerne plusieurs intervenants à savoir, les producteurs, les exportateurs ou encore les sociétés de valorisation, de transformation , de stockage et de commercialisation en plus des instances activant dans le domaine de l’assistance technique, scientifique, de stockage et de l’importation des matières premières.

Il est attendu, a-t-il dit, de ce conseil d’oeuvrer à la mise en place d’un cadre efficace et optimal permettant d’appuyer la dynamique de développement marquant cette filière tout en ouvrant un espace plus large pour la concertation, l’arbitrage et l’entente entre tous les acteurs de  l’agrumiculture dont les associations de consommateurs.

M.Bouazghi a estimé que l’agrumiculture est l’un des importants systèmes de production en Algérie qui revete une importance considérable dans la politique de développement agricole eu égard à ses avantages préférentiels vis à vis de l’économie nationale.

Selon le ministre, le programme du secteur en la matière vise la revalorisation de l’agrumiculture à travers la modernisation des moyens de production, la bonne maitrise de la machination, l’amélioration du rendement et de la qualité de production et la promotion de la productivité dans le but de couvrir les besoins de la consommation nationale.  

L’Etat a entrepris d’autres mesures en vue d’encourager les producteurs d’agrumes, à savoir l’organisation de cette filière, le renforcement du réseau d’entreprise exerçant dans ce domaine, le soutien à la protection du produit national à travers les crédits et l’encadrement technique en termes de recherche, de formation et d’orientation et d’accompagnement aux agriculteurs sur le terrain, a fait savoir le ministre.

L’agrumiculture concerne 32 wilayas pour une superficie globale de 70.503 ha, contre 63.186 ha en 2010, ce qui témoigne des efforts consentis pour développer cette filière qui assure plus de 250.000 postes d’emploi permanents et saisonniers, a conclu le ministre. 

La production globale d’agrumes (orange, clémentine et citron) pour la saison agricole de 2018 a été estimée à plus de 14 millions de quintaux, dont plus de 11 millions de quintaux d’oranges et 2,5 millions de quintaux de clémentines, et près de 800.000 quintaux de citrons. 


Lire aussi: Baisse des exportations algériennes en agrumes en 2017  


Sur un total de 32 wilayas productives d’agrumes, la wilaya de Blida vient en tête avec 4,1 millions de quintaux, suivie de Mostaganem avec 1,2 millions de quintaux , puis Tipasa avec 1,1 million de quintaux, la wilaya de Chlef étant considérée parmi les cinq wilayas pionnières dans ce domaine, a ajouté le ministre, précisant que le reste de la production agrumicole était réparti sur les 28 autres wilayas.

Le ministre a rappelé, dans ce sens, les efforts constants déployés pour développer cette filière qui prend une courbe ascendante, la valeur de production des différentes variétés d’agrumes ayant atteint durant la  

campagne agricole 2017-2018 une hausse considérable, soit l’équivalent de 186 milliards de dinars, contre près de 82 milliards de dinars en 2010 soit plus que le double. Cette valeur représente 5% de la production nationale agricole globale, selon le ministre.

La production nationale agrumicole avait dépassé les 14 millions de quintaux en 2018, contre 7 millions de quintaux en 2010, a fait savoir le ministre, ajoutant que l’objectif était d’atteindre 20 millions de quintaux dans les prochaines années.

En marge de la 3ème édition des « Journées méditerranéennes sur l’agrumiculture », le ministre a visité l’exposition des produits agricoles, notamment les agrumes, organisée par plusieurs producteurs nationaux venus des différentes wilayas, au cours duquel il les a exhorté à doubler la production en termes de quantité et de qualité et de s’orienter vers la valorisation, la transformation et notamment l’exportation.

Le ministre a inspecté également une exploitation agricole privée sise à la commune de Oued Sly, spécialisée dans la production des oranges, ou il a exprimé sa satisfaction quant aux résultats réalisés par l’exploitant, appelant à cette occasion, les cadres du ministère et les autorités locales à encourager davantage ce type d’investissement direct par les privés en vue d’augmenter la production nationale. 

Le ministre a visité le complexe d’abattoir industriel d’Oum Drou réalisé par un privé, dont le taux d’avancement avoisine les 95 % en attendant sa mise en service dans les prochains mois, avec une capacité d’abattage de 100 vaches et 500 bovins/jour, et une production de 5.000 tonnes de viandes/an.

Il a également inspecté la ferme-pilote de Bir Safsaf à Oued Fodda, qui est une pépinière de différentes semences et dont la relance a eu lieu dans le cadre du partenariat entre les secteurs public et privé.   

Répondant aux questions de la presse au terme de sa visite à la wilaya de Chlef, M. Bouazghi a indiqué que la réception du premier lot de vaccins contre la peste des petits ruminants et la fièvre aphteuse est prévue pour la fin de cette semaine, et que toutes les mesures ont été prises à travers une directive pour définir les conditions et les manières de bénéficier d’une indemnisation au profit des éleveurs lésés ayant l’aval des services vétérinaires locaux pour les cas déclarés, ajoutant qu’il a été procédé à l’affectation de fonds pour prendre en charge cette opération.