ALGER – La coopération Nord-Sud en Méditerranée est nécessaire pour préserver l’environnement, les ressources maritimes et la stabilité autour du bassin méditerranéen occidental, ont indiqué lundi à Alger les experts de l’économie maritime.

Lors de la conférence sur l’initiative pour le développement durable de l’économie bleue en Méditerranée occidentale baptisée « Ouestmed », 200 experts dont 90 étrangers, ont insisté sur l’intérêt de développer « ensemble » une économie durable de la mer en conciliant le développement économique et la protection de l’environnement.

L’initiative concerne les pays de l’ouest de la Méditerranée dans le cadre de la coopération 5+5 entre les pays du Sud et ceux du Nord du bassin méditerranéen, à savoir l’Algérie, la Libye, la Mauritanie, le Maroc et la Tunisie ainsi que l’Espagne, la France, l’Italie, Malte et le Portugal.

Selon les experts, le développement d’une économie durable en Méditerranée occidentale a une portée économique mais aussi géopolitique et sociale.

Pour eux, l’économie bleue permet d’assurer la stabilité de la région en contribuant à la lutte et à la gestion de plusieurs phénomènes tels que le surpeuplement des côtes, la diminution des stocks de la ressource halieutique, la pollution de la mer et le chômage des jeunes.

Le développement des activités maritimes est un sujet par excellence qui ne connait pas de frontières, souligne un expert algérien en marge de cette conférence.

Il fait savoir que, statistiquement, les pays qui jouissent d’un littoral maritime sont globalement plus riches que les pays enclavés.

« La mer ouvre la voie aux transports, à toutes sortes d’activités économiques. Ceci ne fait que souligner l’importance du développement de l’économie bleue », estime-t-il.

Selon un expert étranger, cette économie maritime durable doit se concrétiser par une gestion durable et responsable des richesses en tirant l’ensemble des potentialités pour le développement industriel, la pisciculture, le tourisme « tout en sauvegardant la biodiversité et la propreté de la mer Méditerranée ».

Par ailleurs, lors d’un point de presse en marge de cette conférence, le directeur général de la pêche auprès du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la pêche, Taha Hammouche, a indiqué que pour mener les nombreux projets de coopération dans le cadre de l’initiative « Ouestmed », 300 millions d’euros seront alloués à travers plusieurs bailleurs de fonds internationaux pour soutenir l’économie maritime durable en Méditerranée occidentale à horizon 2030.

Il a également précisé que l’Union européenne a annoncé sa contribution à hauteur de 18,7 millions d’euros dans le cadre de cette initiative de développement de projets communs dans la pêche et l’aquaculture, le renforcement des compétences, la recherche scientifique, la lutte contre la pollution marine et la pêche illicite, le développement du transport et du tourisme maritimes et la gestion globale des ressources.

Pour rappel, l’Algérie copréside avec la France le comité directeur chargé de la mise en œuvre opérationnelle de l’initiative « Ouestmed.

Présent à cette conférence, le secrétaire général de la mer auprès du premier ministère français, Vincent Bouvier, a expliqué que l’ambition commune des parties prenantes est de travailler ensemble sur des projets précis et concrets au bénéfice des économies maritimes des pays concernés.

« Nous devons concevoir le développement durable de l’espace méditerranéen de façon concertée. », a-t-il soutenu.

A noter que les travaux de cette conférence se poursuivent mardi, au terme desquels une déclaration ministérielle et une feuille de route communes seront adoptées.