Logistique: écarts de performance entre les économies avancées et les pays en développement

ALGER – L’écart de performance en termes de logistique se maintient entre les pays développés et les pays en développement, selon l’indice de performance logistique de la Banque mondiale, publié sur son site web.

Le rapport évalue les pays selon plusieurs indicateurs. Il tient notamment compte des compétences logistiques, de la qualité de l’infrastructure commerciale, du prix des envois internationaux et du respect des délais de livraison.

« Ces données permettent aux pays d’évaluer les progrès accomplis au fil du temps et de comparer leurs performances à celles de pays similaires », souligne les experts de l’institution financière.

Le secteur, qui pèse 4.300 milliards de dollars et qui est présent dans la quasi-totalité des pays de la planète, est le réseau de services qui permet le déplacement physique des produits tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières nationales.


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« Il regroupe toute une palette d’activités (transport, stockage, courtage, livraison express, opérations dans les terminaux, et même gestion des données et des informations). L’efficacité avec laquelle les marchandises peuvent transiter par ces systèmes jusqu’à leur destination finale constitue un déterminant essentiel des opportunités commerciales d’un pays.

Les auteurs du rapport  précisent que l’indice de performance logistique qui s’appuie sur des enquêtes auprès des professionnels du secteur, analyse sous deux angles les performances d’un pays. Le premier c’est l’indice de performance intérieur qui présente une évaluation quantitative et qualitative des services selon le point de vue des professionnels de la logistique du pays.

Cette composante donne des informations détaillées sur l’infrastructure d’un pays, la qualité de ses prestataires de services, ses procédures douanières et la fiabilité de sa chaîne d’approvisionnement.

Le second, c’est  l’indice de performance international. Il  évalue les services selon les professionnels de la logistique situés hors du pays. Cette composante donne des informations qualitatives sur la façon dont les partenaires commerciaux d’un pays perçoivent l’efficacité et la qualité de ses services logistiques.

Le Groupe de la Banque mondiale évalue les pays sur la base de ces critères tous les deux ans depuis la première édition de Connecting to Compete, parue en 2007. Les pays à revenu élevé, en particulier ceux d’Europe occidentale, demeurent les leaders mondiaux de la logistique. Leur note est supérieure de 48 %, en moyenne, à celle des pays à faible revenu. Sur les 30 premiers pays les plus performants, 24 sont membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).


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« On constate que la plupart des pays réforment leur secteur de la logistique, notamment en construisant des infrastructures et en facilitant les échanges « , explique Jean-François Arvis, économiste au Groupe de la Banque mondiale et co-auteur du rapport.

« Malgré ces efforts de modernisation de leurs services, les pays en développement continuent de se heurter à de nombreux problèmes. C’est ce qui explique la persistance d’un écart entre pays à revenu élevé et pays à faible revenu en termes de performance logistique ».

Le rapport affirme toutefois que le revenu n’est pas l’unique déterminant du score d’un pays. Le Viet Nam, la Thaïlande, le Rwanda, la Chine et l’Inde enregistrent tous des résultats supérieurs à ceux de la catégorie de revenu à laquelle ils appartiennent. Parmi les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, ce sont les grandes économies comme l’Inde et l’Indonésie, ainsi que les économies émergentes telles que le Viet Nam et la Côte d’Ivoire, qui affichent les meilleurs résultats. La plupart de ces pays soit disposent d’un accès à des ports maritimes, ou à d’importantes plateformes de  transport internationales.

Quant aux dix (10) pays les moins performants sont essentiellement des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. Il s’agit soit d’économies fragiles touchées par un conflit armé ou une catastrophe naturelle, soit de pays politiquement instables ou enclavés, qui ne peuvent pas tirer parti de leur position géographique ou d’économies d’échelle pour rejoindre les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Le rapport prévient que le plus grand nombre de pays perçoivent les menaces en matière de cyber sécurité comme un risque pour la logistique. Cependant, si 78 % des pays à revenu élevé sont aujourd’hui mieux préparés, ce n’est le cas que de 26 % seulement des pays à faible revenu.

Le rapport résume que  la croissance économique et la compétitivité d’un pays sont tributaires de sa performance logistique du fait que le commerce international repose sur les services logistiques « Avec la dispersion croissante des chaînes d’approvisionnement dans le monde, la participation d’un pays à l’économie mondiale dépend de la qualité de ses services logistiques », a souligné Caroline Freund, directrice au pôle mondial d’expertise en Macroéconomie, commerce et investissement du Groupe de la Banque mondiale.

« Lorsque la logistique est inefficiente, le coût de la pratique des affaires augmente et les perspectives d’intégration dans les chaînes de valeur mondiales diminuent », explique le rapport.

Aussi, les conséquences peuvent être particulièrement lourdes pour les pays en développement qui cherchent à se faire une place sur le marché mondial. Concernant l’intérêt de cette étude biannuelle, le rapport, explique que l’indice de performance logistique permet aux décideurs de mieux comprendre le lien entre logistique, échanges et croissance, et de déterminer quelles mesures adopter pour faire face à la concurrence mondiale.