Qatar : L’aggravation de la crise diplomatique pourrait faire flamber les prix de pétrole et du gaz

WASHINGTON- L’aggravation de la crise diplomatique  autour du Qatar pourrait aiguiser l’appétit des grands consommateurs de  brut et de gaz et conduire à une flambée des cours sur les marchés, ont  prédit dimanche plusieurs analystes aux Etats-Unis.

Pour l’instant, la rupture des relations entre le Qatar et ses voisins du  Golfe « n’a eu aucun impact immédiat sur l’appétit des grands consommateurs,  mais si les tensions s’aggravent les cours de pétrole pourraient augmenter  ce qui pourrait avoir une incidence sur les prix du gaz », prévoit le Wall  Street Journal, citant des analystes pétroliers.

Selon le quotidien économique américain,  » la réponse relativement calme  des marchés  » à la décision des pays du Golfe de rompre leur relation avec  le Qatar  » reflète le fait que ce pays n’est pas un important producteur de  pétrole « .

Avec une production quotidienne de 618.000 barils par jour, le Qatar  représente environ 2% de la production de l’organisation des pays  exportateurs de pétrole.

En revanche, ce petit Etat de la péninsule arabique joue un rôle vital sur  les marchés gaziers internationaux en tant que premier exportateur mondial  de gaz naturel liquéfié. En 2016, il a exporté 77,2 millions de tonnes de  GNL, soit l’équivalent d’un tiers de l’offre mondiale, selon l’Union  internationale du gaz.

 » Comme la plupart des contrats gaziers à long terme sont encore indexés  sur le pétrole, cela pourrait augmenter les prix du GNL contractés », a  déclaré Kelvin Li, analyste, spécialiste du gaz au groupe Lantau.

L’entreprise japonaise, Jera Co, plus grand importateur mondial de GNL, a  déclaré lundi qu’elle surveillait de près les risques géopolitiques qui  peuvent résulter de cette crise diplomatique en indiquant avoir reçu des  assurances de Qatar Gas sur le maintien de ses approvisionnements vers le  Japon.

Bien que le Qatar ne soit pas un grand producteur de pétrole, le risque  que ce pays abandonne l’accord de réduction de production convenu entre les  membres de l’Opep pourrait provoquer un effet domino.

« Si le Qatar se retire de l’accord de réduction de l’offre, d’autres  producteurs, déjà angoissés par la perte de leurs parts de marché, peuvent  suivre son exemple « , avance le Wall Street Journal.

Les retombées de cette crise diplomatique pourrait « laisser peu de raisons  au Qatar de maintenir son quota de production « , relève Phin Ziebell,  l’économiste de National Australia Bank.

La crise devrait pousser les prix à la hausse mais va  » nuire à l’unité de  l’Opep « , estime, de son côté Monica Defend, responsable chez Pioneer  Investments en relevant dans un entretien accordé à Bloomberg que « les  impacts majeurs de cette crise seront cruciaux « .

Mais pour l’analyste londonien, Abdulsamad Al-Awadhi, la crise  diplomatique ne va pas impacter l’entente au niveau de l’Opep qui a su  durant les années précédentes surmonter les différends politiques entre ses  membres.

 » Ce n’est pas la première fois que l’Opep connaisse un clivage politique  entre ses pays membres, et ce ne sera pas le dernier », a déclaré Al-Awadhi,  à l’Agence américaine Bloomberg.

 » L’OPEP a traversé de nombreux conflits politiques et militaires entre  ses membres et cela n’a jamais eu d’impact sur le flux de travail de  l’organisation ni sur ses accords contraignants », a ajouté l’ancien  représentant du Koweït à l’Opep Bloomberg cite les conflits qui ont miné les relations politiques et  militaires entre les membres de l’organisation mais qui n’ont pas pour  autant empêché cette dernière de fonctionner. Dans les années 1980, l’Opep  a réussi à établir ses premiers quotas de production, alors que l’Iran et  l’Irak étaient en pleine guerre, rappelle l’agence américaine.

 

Sur le New York Mercantile Exchange, les cours ont rebondi ce matin de  1,6% à 48,42 dollars le baril avant de redescendre à leurs niveaux d’avant. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source: APS