La situation actuelle de l’Algérie, qui fait face à une baisse drastique de ses revenus extérieurs du fait de la chute des prix des hydrocarbures, est sans cesse comparée à la situation vécue en 1986 pour des raisons identiques. A ceci près que la révolution numérique, qui connaissait alors ses premiers balbutiements, a depuis pris son plein essor et bousculé profondément les usages, les pratiques et les performances des différents pays selon leur positionnement vis-à-vis des Technologies de l’Information.

Force est néanmoins de constater que malgré de réelles avancées, et une volonté sans cesse réaffirmée de faire des T.I, non seulement en tant qu’outil mais également en tant que secteur économique à part entière, un vecteur majeur de son développement, l’Algérie peine à tirer pleinement profit de potentialités pourtant reconnues.

Au fil des années, bien que des dizaines de milliers de kilomètres de fibre optique aient été déployés à travers le territoire national, il n’existe un seul réseau de transport de données capable de répondre, à l’échelle nationale, aux besoins techniques de grandes institutions.  Rares sont les entreprises ou les institutions qui peuvent se targuer de liens numériques capable de servir leurs clientèles, leurs usagers ou leurs agents à l’échelle nationale, et ce malgré les investissements réalisés.

Le nombre de centre de données (Data Center) à l’échelle nationale est révélateur de notre pauvreté numérique et de notre faiblesse à piloter nos institutions et nos entreprises.

Les diplômés que nous formons chaque année ont de nombreuses difficultés à acquérir les  aptitudes nécessaires pour devenir des professionnels accomplis, ce qui amène nombre d’entre eux à quitter le pays, privant ainsi celui-ci d’une créative class pourtant bien nécessaire.

La manière dont nous nous organisons et nous réglementons continuent de refléter une certaine rigidité dans nos processus de gestion, dans nos formes d’organisation et nous empêche de réagir rapidement aux défis du moment.

L’espace Numérique est un territoire qu’il faut aménager au même titre que les territoires physiques, il a sa grammaire, il a sa syntaxe et il a ses règles qui consistent prioritairement à y installer  des structures de gouvernance appropriées..  C’est la première priorité.  Les autres priorités consistent entre autres :

  1. A Procéder à une mise à niveau des politiques publiques relative au « Territoire Numérique » et à un réalignement des objectifs stratégique sur une vision régionale large.
  2. A Créer les organisations de gouvernance et les ancrer au plus haut niveau de l’État
  3. Une Capacité d’Architecture d’Entreprise (Urbanisation, Architecture) ;
  4. Une Organisation de Gestion de Portefeuille de Projets ;
  5. Une organisation de Gestion des Operations du « Territoire Numérique »
  6. A Inclure dans la planification budgétaire à moyen terme les dépenses de fonctionnement, de maintien et de mise en œuvre des d’infrastructure du « Territoire Numérique » et suivre sa performance de prêt.
  7. A Mettre en œuvre les structures et les mécanismes de Gouvernance et à gouverner effectivement
  8. A repenser profondément les mécanismes de production et de rétention de compétences ;

Comme dans tous les territoires, il est nécessaire pour les besoins d’économie et de vivre ensemble, de créer de la proximité pour envisager la production de capital social et la mise en œuvre des autres infrastructures de production de valeur économique;

Il s’agit ensuite de lancer et d’intégrer en parallèle au chantier du Réseau Numérique de l’État les grands chantiers des institutions du « territoire numérique » :

  1. a)  Les PME nationales du secteur de l’informatique qui ont démontré une longévité doivent être promues au rang de Partenaire de l’État moyennant leur conformité à une feuille de route préétablie.  Elles bénéficieront d’accès privilégiés au programme budgétaire du « Territoire Numérique ».  Elles deviendront à terme les membres senior de l’écosystème numérique de l’État ;
  2. b)  L’État, premier investisseur dans la mise en œuvre de l’Infrastructure Numérique, est aussi partie prenante et bénéficiaire du succès de la mise en œuvre d’un écosystème d’affaire performant.  Il nous semble donc improductif qu’il devienne à terme concurrent à ses partenaires.  Par contre il est tout à fait logique, en tant que propriétaire de l’infrastructure qu’il tire un bénéfice direct et indirect de cette infrastructure et donnant l’accès moyennant des politiques adaptés aux besoins de conjoncture et de souveraineté.
  3. c) La dématérialisation de la monnaie et des moyens paiements faciliteront la désintermédiation et contribueront à rapprocher l’État du citoyen tout en ouvrant des pans entiers de l’économie numérique.
  4. d) Capitaliser l’opportunité des Technologies Numériques et des Évolutions des Usages.

A travers un examen de la situation en termes d’offre technologique, de formation, d’entreprenariat, d’infrastructure, et plus généralement de gouvernance du secteur, cette présentation procédera à un examen global de la stratégie algérienne, et tentera de mettre en évidence le besoin de mise en cohérence de l’ensemble des actions menées par les différentes parties prenantes. »

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