Les dernières décennies ont été le théâtre d’une internationalisation de l’activité économique qui a  profondément changé l’image de l’économie mondiale. Aujourd’hui, un nombre croissant d’entreprises, de pays et d’autres acteurs économiques prennent part à l’économie mondiale et sont devenus de plus en plus interdépendants au-delà des frontières nationales. La production, le commerce et les investissements internationaux sont de plus en plus organisés au sein de ce qu’on appelle les chaînes de valeur mondiales (CVM), où les différentes étapes d’un procédé de production se retrouvent dans différentes économies. 
1.Les dernières décennies ont été le théâtre d’une internationalisation de l’activité économique qui a  profondément changé l’image de l’économie mondiale. Aujourd’hui, un nombre croissant d’entreprises, de pays et d’autres acteurs économiques prennent part à l’économie mondiale et sont devenus de plus en plus interdépendants au-delà des frontières nationales. La production, le commerce et les investissements internationaux sont de plus en plus organisés au sein de ce qu’on appelle les chaînes de valeur mondiales (CVM), où les différentes étapes d’un procédé de production se retrouvent dans différentes économies. Les intrants intermédiaires tels que les pièces et les composantes sont produits dans un pays pour ensuite être exportés vers d’autres pays, où ils font l’objet d’une transformation ou d’un montage supplémentaire en vue d’être intégrés à des produits finaux. Les chaines de valeur mondiale sont articulées autour des la recherche des moindres coûts de main d’œuvre, de proximité des matières et des marchés et aussi autour des autres avantages concurrentiels des différentes économies, comme le savoir et le savoir faire.
La répartition spatiale des activités des entreprises dans les CVM a été facilitée par la forte baisse des coûts de transport et des communications. En outre, les progrès technologiques rapides dans les TIC ont considérablement réduit le coût de l’organisation et de la coordination d’activités complexes sur de longues distances. La baisse des coûts de traitement et de transmission de l’information, les innovations sur le plan organisationnel et l’élaboration de normes internationales pour la description des produits et les protocoles d’affaires ont aussi facilité la propagation des CVM.
2. L’importance de l’intégration dans les chaines de valeur mondiales pour les pays
émergents :
Les pays émergents et en développement prennent des parts de marché croissantes dans le commerce international des biens et services, particulièrement au travers de leur intégration dans les chaines de valeur mondiales.
L’expérience internationale a démontré que cette intégration se fait historiquement au travers des activités de faible intensité capitalistiques et technologique et à faible valeur ajoutée, comme les activités d’assemblage intermédiaire ou final de produits (assemblage de pièces automobiles, automobiles, électronique, confection et
habillement, chaussure). Cette intégration évolue ensuite vers des secteurs de plus haute technologie et à plus grande valeur ajoutée et inclut aujourd’hui la capture de valeur par les pays émergents dans les domaines de la R&D et des technologies de pointe.
Cette évolution dans l’échelle des chaines de valeur mondiales a été caractéristique de l’émergence de la Corée du sud (assemblage d’automobiles et d’électronique dans les années 70 et évolution vers la fabrication) et elle est visible dans d’autres pays émergents (Brésil, Chine) ainsi que dans la région (Maroc, et Egypte dans le domaine aéronautique).
Cette expérience fait ressortir deux facteurs d’intérêt pour l’intégration des pays en
développement dans les CVM :
– Le premier est le facteur d’apprentissage, les activités à faible valeur ajoutée étant une porte d’entrée pour la maîtrise des activités plus complexes, par un processus d’apprentissage.
– Le second est le facteur d’accélération de l’industrialisation et de la part des industries dans le PIB et dans les exportations, car l’intégration dans les CVM permet de développer une industrie exportatrice sur une portion de chaîne de valeur d’un produit/filière assez rapidement, sans avoir la maîtrise l’ensemble de la chaîne
du produit.
3. Les chaînes de valeur régionales comme facteur de compétitivité dans le positionnement dans les CVM
Les études menées sur les processus d’intégrations dans les chaines de valeur mondiales par les pays émergents et en développement ont démontré que les chaines de valeur régionales, (CVR), constituées entre des pays d’une même région, permettaient d’accroître la compétitivité de ces pays dans le cadre de leur intégration dans les CVM. Ce phénomène est démontré en Asie du sud-est, dans les domaines du textile-confection- cuir et chaussures, mais aussi dans le domaine automobile ainsi qu’en Amérique latine (confection et
cuir/chaussures). Les chaines de valeur régionales permettent de gagner en compétitivité et en capture de
valeur ajoutée dans les chaines de valeur mondiales au travers de divers mécanismes comme :

– Les économies d’échelle entre opérateurs d’un même produit dans la même région.
– Les complémentarités régionales sur les composants/parties ou séquences de production d’un produit permettant de s’intégrer à un niveau plus élevé dans la CVM.
– La mise en commun de moyens comme l’infrastructure de formation, la logistique, les plateformes de production, de manière à disposer d’un pouvoir de négociation plus élevé dans les CVM.

4. Les chaines de valeur régionales en Afrique du nord :
L’Afrique du nord se caractérise par deux modes d’intégration dans les chaines de valeur mondiales :
– Le premier mode concerne l’Algérie, la Libye et la Mauritanie et consiste en une intégration par les matières premières
– Le second mode concerne l’Egypte, la Tunisie, et le Maroc et consiste en une intégration croissante par les produits manufacturés, et notamment les activités d’assemblage dans les domaines textile, habillement, électronique et mécanique. Une étude récente de la commission économique des Nations unies pour l’Afrique a fait ressortir des pistes d’intégration en faveur de la constitution de chaines de valeur régionales :
– Une meilleure intégration des ressources naturelles régionales pour des activités de transformation (énergie solaire, pétrole et gaz, phosphate, fer, produits agricoles et de la pêche)
– Une meilleure complémentarité dans le secteur des industries mécaniques électriques et électroniques, notamment dans les filières automobiles, électroniques grand public et aéronautiques
– La modernisation du secteur textile, notamment par le développement des filières de fibres synthétiques, des textiles techniques et des activités de niche dans le domaine de la confection.
5. Quelques facteurs clés de succès pour tirer le plus grand parti des CVM
Le rapport 2013 de l’OCDE sur l’intégration des économies émergentes dans les CVM a fait ressortir les facteurs suivants :
– Le développement de la formation et de l’éducation pour permettre de localiser les activités à plus haute valeur ajoutée et monter en gamme dans les CVM
– L’encouragement des investissements étrangers, facteur principal d’intégration dans les CVM ;
– Le développement de l’infrastructure industrielle (plateformes industrielles) et de services logistiques ;
– L’intégration aux accords de facilitation de commerce régionaux et internationaux
– L’efficacité administrative
– Le développement des services à l’industrie (banques assurance, TIC)
– Le développement des cadres de gouvernance économique appropriés.

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